Si plus ou moins tout le monde s’accorde à dire que ce fut une erreur magistrale que d’installer le campus au Sart-Tilman, hors de la ville, maintenant que cette erreur est faite, il faut la gérer et l’assumer, c’est-à-dire développer autour de l’université les équipements collectifs nécessaires à la vie de la communauté universitaire qui occupe les lieux quotidiennement.
La situation actuelle reste en effet marquée d’une certaine ambiguïté : d’une part la grande majorité des facultés se sont installées définitivement sur le campus mais d’autre part, hormis les bâtiments académiques et quelques équipements utilitaires de base (restaurant universitaire, parkings,...) aucun projet conséquent d’aménagement des lieux n’a suivi.
Bref, le Sart-Tilman est aujourd’hui un endroit un peu surprenant où l’on attend que vive une université tout en ayant conçu les lieux de telles façon à ce qu’ils soient vidés de leurs occupants dès que ceux-ci y ont terminé leurs activités. Il est pourtant souhaitable, tant pour la richesse de la formation des étudiants que pour le développement même des activités de l’institution, que la vie universitaire puisse déborder le cadre des seuls horaires de cours et de seules activités académiques, que puisse se développer en parallèle à la via académique une riche vie sociale, culturelle, politique et intellectuelle.
A court terme
Améliorer dans la mesure du possible la vie de ceux qui utilisent le campus.
- Améliorer les transports. Bon bilan du bus 58, à poursuivre. Développer des transports nocturnes pour désenclaver les étudiants qui vivent « au-dessus ». En ce qui concerne le 48 (dont dépendent toujours les étudiants venant par exemple de la gare des Guillemins), il est possible d’améliorer la vitesse de la ligne : suppression de certains arrêts, création de sites propres partout où c’est possible (particulièrement dans le goulet d’étranglement d’Angleur et si possible dans le quartier de Fragnée).
- Le service de covoiturage online, mis en place par la Fédé (mais sans doute relativement peu connu des étudiants) nous paraît être une bonne initiative qui mérite d’être soutenue et développée. Elle est non seulement de nature à faciliter la vie à pas mal de monde, mais elle permettra aussi de désengorger les parkings et les voies d’accès au campus aux heures de pointe ou à renforcer la convivialité.
- De manière plus générale, susciter et encourager une vie sociale et culturelle sur le campus, y compris en soirée.
A long terme
Être ambitieux. Développer un véritable projet urbain pour le site du Sart-Tilman. Le plan initial est aujourd’hui complètement dépassé, tout comme le tout-à-la-voiture qu’il présuppose.
- Créer une ligne de tram-train [1] entre le centre-ville et le campus, seul moyen de résoudre définitivement le problème des transports en commun, tant en termes de capacité que de vitesse. Rendre le matériel roulant de cette ligne accessible aux vélos pour permettre à ceux qui circulent en vélo de s’épargner l’escalade de la colline.
- Soutenir la mise en place, avec tous les acteurs concernés (ville, université, secteur privé,...) d’un véritable noyau urbain au Sart-Tilman susceptible d’accueillir plusieurs milliers de nouveaux habitants, avec des logements, des commerces, quelques rues piétonnes, un urbanisme repensé autour de déplacements à pied et en vélo et non en voiture. Ne plus laisser la place centrale, visuellement, symboliquement, urbanistiquement, aux parkings (mais éviter de diminuer l’offre de parkings tant que le problème de déplacement n’a pas trouvé de solutions structurelles). Tenir compte des contraintes particulières (notamment la proximité de la réserve naturelle).
D’autres enjeux concernant le cadre et la qualité de vie
- Création de fontaines à eau gratuites dans différents endroits du campus, ce qui permettrait d’offrir une boisson économique et bonne pour la santé et représenterait en outre une alternative aux distributeurs automatiques de boissons.
- Mise en disposition de casiers pour les étudiants.
- Mise en place d’un service de photocopies accessible et à prix coûtant. Centralisation du système de cartes de photocopies entre toutes les machines (dans les bibliothèques et ailleurs) pour éviter aux étudiants de devoir acheter autant de cartes de photocopie qu’il utilisent de machines.
- Contingentement des espaces fumeurs pour laisser de l’air frais aux non-fumeurs qui ne veulent plus subir un tabagisme passif permanent. Interdiction de fumer dans les bâtiments à l’exception de zones clairement identifiées, bien ventilées et mise en place en nombre suffisant. Mise en oeuvre d’une campagne (par exemple humoristique) pour inciter les fumeurs à respecter cette règle de vie élémentaire.